Portrait de Créatrice du Monde

Cela fait quelques temps que ça trotte dans ma tête. Sur Facebook, une joyeuse communauté de créatrices habitant aux 4 coins du monde partage des inspirations et créations. C’était aussi une part importante de la dimension que je voulais donner aux Ateliers d’Angélique : le partage. Ce mot fait d’ailleurs partie du logo que j’ai choisi  !

Et comme parmi cette communauté il y a quelques perles que je ne pouvais pas garder pour moi, j’ai souhaité partager avec vous des portraits de Créatrices du Monde.

Le but étant de découvrir des talents, des femmes volontaires et créatives, un article-interview en toute simplicité mais surtout en toute authenticité.

 

C’est TRIBU(S), basé au Gabon, qui ouvre le bal de ces interviews. 


Qui se cache derrière TRIBU(S) ?

 


Est-ce ta première expatriation et depuis combien de temps habites-tu au Gabon ?

C’est ma troisième expat ! Nous avons commencé par le Gabon, il y a 4 ans et demi, pendant 18 mois. Ensuite nous sommes partis en Tanzanie pendant 18 mois et revenus depuis 18 mois au Gabon, à Port-Gentil. Nous venons tout juste de dépasser les 18 mois de présence ici et je suis trop contente d’être un peu plus stable ! Les déménagements tout le temps ce n’est pas toujours très facile à gérer !! Ceci dit, tous ces mouvements apprennent aussi à vivre à fond l’instant présent et à ne pas toujours reporter à plus tard; c’est un gros piège quand on est expat je trouve !

 

Quel en est le concept ?

Alors, le concept, c’est de la déco, des vêtements et des cadeaux de naissance  avec des détails en wax, 100 % personnalisables.

Je fais la broderie chez moi (sur ma machine à broder) et ensuite je fais monter les produits par le Centre Ménager de Sainte Thérèse. Ce centre a été crée par les soeurs de notre paroisse pour former des jeunes femmes qui n’ont pas eu l’opportunité d’aller à l’école. Souvent elles sont déjà mères ou alors c’est parce qu’on avait besoin d’elles chez elles. Elles ont des cours de couture, des cours de français/alphabétisation, des cours de « maths » mais aussi de savoir vivre, d’hygiène etc. Les cours sont donnés par trois monitrices de couture (pour la couture) et le reste par des bénévoles. Pour chaque produit qu’elles fabriquent, je les paie. Puis ensuite je les revends et reverse tous mes bénéfices aux sœurs pour les aider dans leur mission. Donc ça, c’est le concept du départ. Mais en réalité, comme je les fais beaucoup travailler, je suis obligée d’employer en plus d’autres couturiers pour suivre la cadence !

TRIBU(S) en 3 mots

 

Comment t’es venue l’idée de TRIBU(S) ? T’es-tu lancée seule ?

L’idée est venue lorsque mon mari m’a annoncé qu’on repartait vivre au Gabon alors que j’étais très heureuse de ma vie en Tanzanie… Jevenais d’avoir mon deuxième enfant et franchement, retourner « en arrière » a été la plus mauvaise nouvelle de l’année. 

Finalement avec du recul, ça été super de revenir ici parce que j’ai pu me lancer tout de suite !  Je connaissais déjà la ville, les soeurs, les couturiers, les magasins de tissus… En un mois j’étais lancée ! Je me suis lancée toute seule et c’était important pour moi de le faire comme ça parce que je voulais voir si j’étais encore capable de faire quelque chose toute seule !! En expat en Afrique, on est toujours accompagné/secondé pour tout et je trouvais ça très pesant.

L’idée m’est venue petit à petit… Le projet a mûri un peu dans ma tête pour finalement voir le jour assez rapidement. J’ai voulu que tout de suite ça fasse pro (donc un vrai site, une jolie com, des produits bien finis, beaucoup de références etc..). Comme j’ai bossé en com chez Monoprix avant de partir en expat, ça été facile pour moi !

 

As-tu rencontré des difficultés pour monter ce projet ? Si oui lesquelles ?

Sincèrement, pas de difficultés énormes… Ici, tout est possible, tant qu’on s’en donne les moyens.. Les gens sont plutôt réceptifs, une fois qu’on leur a expliqué !

La plus grosse difficulté c’est l’énorme fossé culturel que nous avons avec les Gabonais… Nous n’avons aucune habitude/référence en commun. Donc si je leur dit que je veux un truc « esprit Cyrillus » par exemple; ça ne leur parle évidemment pas.. Ca a été difficile au départ de devoir prendre le temps d’expliquer tout dans le moindre détail (parfois même préciser la couleur du fil qu’il faut utiliser)…

La deuxième difficulté c’est très perso, mais c’est mon manque d’organisation… Je suis très souvent « last minute » et ça n’est pas très professionnel… Mais en même temps j’aime bien l’adrénaline et c’est clairement mon booster ! Le fait aussi de travailler de chez moi est difficile à gérer, notamment avec les enfants dans les pattes..Ils sont petits (3 et 2 ans) et ont du mal à comprendre que même si je suis là, je travaille. A l’inverse, j’ai aussi du mal à m’arrêter, éteindre ma machine et « sortir du bureau » !

 

D’où te vient ton inspiration ? 

Je suis quelqu’un qu’on pourrait qualifier de « classique » donc mes créations le sont aussi… Je trouve mon inspiration sur Internet, en regardant ce qui se fait un peu partout… Mais surtout dans les marchés d’ici… Les pagnes wax sont très inspirants ! Tellement de couleurs, d’épaisseurs, de motifs !! 

J’adore croiser une africaine tout en pagne; elles portent ça tellement bien !Et puis je m’inspire de mes enfants; des choses qu’ils aiment bien ou des choses que j’aimerai avoir pour eux.. Typiquement le hamac à doudous, c’est indispensable pour moi car ils n’ont pas « le droit » de le sortir de leur lit… Ou les cabas de plage avec l’intérieur en plastique: j’en ai tellement assez des sacs qui prennent l’eau ou le sable tout le temps ! Ou encore les porte-clefs avec de longues lanières; tellement plus facile à retrouver dans le fond de mon sac à main !

Enfin, j’essaie de comprendre ce dont mes clients ont besoin.. Par exemple ici, on a du mal à trouver des idées de cadeau pour les hommes ! Du coup j’ai lancé les polos et c’est un gros succès !

Où peut-on se procurer ces jolies créations ?

Sur mon site Internet: www.tribu-s.com (je livre partout dans le monde)

En venant chez moi le mardi matin ou le jeudi après midi pour choisir ses modèles et passer des commandes

Et dans la boutique INIVA de Port-Gentil (à l’Hôtel du Parc) et normalement, si tout va bien à partir de janvier dans la boutique INIVA de Miami

Edit : un concours a lieu jusqu’au 25 Novembre 2017 sur la page Facebook de Tribu(s)

Si tu as quelque chose à rajouter, une petite annonce, une envie de partager ou parler d’un truc en particulier, à toi la parole !

Je voudrais dire surtout que suivre son conjoint pour une expat n’est pas toujours évident… A chaque fois il faut se réinventer… Mais j’ai la chance d’avoir un mari qui m’encourage beaucoup à faire exactement ce que j’aime. Je considère aujourd’hui que l’expat me donne la grande chance de faire exactement ce que je veux, comme je le veux ! Alors que personne n’hésite à se lancer !! C’est tellement enrichissant !

Et ensuite que cette expérience de TRIBU(S) me permet de faire quelque chose qui n’est pas évident quand on est dans des pays sous-développés: rencontrer des locaux !! Alors, je ne prétends pas être amie avec ces femmes qui travaillent pour TRIBU(S) mais petit à petit un lien de confiance se tisse et je trouve ça génial ! Ca me permet de découvrir un peu plus la culture, de comprendre les comportements etc.. C’est vraiment quelque chose que je n’attendais pas de cette expérience entrepreneuriale bénévole !

 


Si, comme moi, vous aviez loupé l’interview de Béatrice, vous pouvez regarder la vidéo d’Expat Value réalisée dans le cadre du Salon du Bénévolat. Pour en apprendre plus sur le bénévolat, retrouvez les témoignages du Blog d’Expat Value


Merci à toi Béatrice pour ta participation !

Angélique

Autre portrait :

Interview de Soline Créations